lundi 4 août 2008
What Does Anything Mean? Basically by The Chameleons
The Chameleons sortait en 1985 What Does Anything Mean? Basically un véritable album de "pop-new-wave" à la hauteur d'Echo & The Bunnymen ou de The Cure dans ses recoins les plus pop. Pourtant, il semblerait que ce groupe soit depuis un peu délaissé dans les classifications New Wave ou Post-Punk comme si l'aspect pop et synthétique passait un peu pour de la pommade quand les autres groupes proposaient un remède. Il est vrai que quelques années auparavant, au début des années 1980, les groupes avaient déjà commencé à assainir leur son, à rendre les rythmiques plus directes, les Chameleons étaient en apparence qu’un groupe parmi tant d’autres dans cette scène foisonnante des années 1980. Mais c’est dans une optique presque enjouée, tout en finesse, que les Chameleons composent, avec une facilité déconcertante. L’introduction, très atmosphérique qui porte le nom de « Silence, Sea And Sky » se savoure comme un sushi avant un excellent repas asiatique et se laisse apprécier avant que ne débute Perfume Garden formidable mise en bouche à cet album des années post-punk. Les artistes similaires se bousculent, mais nul ne remplace les Chameleons parce qu’ils ont cette énergie folle, cette unicité, forcément indicible, qui peut leur donner le statut de groupe culte. « Home Is Where The Heart Is » reflète particulièrement bien cet aspect : atmosphérique et directe, maîtrisée et sans fioritures, cette chanson crée comme un lien fort agréable entre la pop dans son sens le plus noble et la New-Wave avec toutes les connotations « dark » (« noires ») que cela implique.
En ce qui concerne l’artwork de l’album, il est très soigné et suffit presque à présenter la musique des Chameleons : synthétique et douce, rapide et calme, belle et torturée : paradoxale. Peut-être est-il là le secret de leur création : par l’absence d’explication de cette création. Alors j’ajouterai juste God Save The Chameleons!
dimanche 20 avril 2008
Echo And The Bunnymen - Heaven Up Here (1981)
Quelque soit la manière de découvrir la New Wave, il arrive toujours un moment où l'on se retrouve confronté à Echo & The Bunnymen. Heaven Up Here sorti en 1981, un an seulement après Crocodiles qui contenait déjà un son particulièrement épuré, prouve que leur musique s'étoffe de plus en plus. La qualité des guitares, c'est -à-dire l'accentuation extrême de leur son glacial et percutant, ne cesse d'augmenter. Si le groupe doit beaucoup à Television ou David Bowie (avec 'It Was A Pleasure' par exemple), il n'est pas pour autant une pâle copie de leurs aînés. En fait, c'est en Angleterre que le groupe aura le plus de succès notamment avec Heaven Up Here. Cela dit, leur succès relatif, n'avait alors rien avoir avec le groupe auquel il fut souvent comparé, U2. Si The Edge admirait beaucoup ce groupe, il est foncièrement différent dans leur façon d'appréhender la musique. Quand The Edge-U2 essayait de simplifier les mélodies, Echo & The Bunnymen démontrait avec grande délicatesse que l'on pouvait créer un son lisse sans être pour autant dénué de personnalité.
Cet album est sorti la même année que Closer de Joy Division et pourtant pas du tout la même portée symbolique. En effet, les atrocités quotidiennes se retournèrent contre le groupe regretté de Ian Curtis, mais Echo & The Bunnymen transcendait les limites du désespoir en y incorporant des portes de sorties. Cependant, même si la lumière remplace le chemin sans issue, la musique, elle, est toujours relativement influencée par la noirceur du monde.
'Over The Wall' est sans doute le meilleur exemple de ce paradoxe entre musique et portée psychologique. Tandis que les mots se battent avec la musique, la complexité du rythme trace le chemin vers une quasi-illumination métaphorique. Cet album indique sans nul doute une rupture entre leurs débuts et le reste de leur carrière. Cela dit, plusieurs lignes s'opèrent alors au sein même du mouvement post-punk. L'individu est toujours au centre mais se détache des autres entités avec une force considérable. 'All My Colours' ou 'No Dark Things' prennent alors tout leur sens dans cette lutte perpétuelle contre l'autodestruction. Cet acharnement ne servira la New Wave que sur une courte durée mais Echo & The Bunnymen compose alors les notes éphémères d'une musique gagnée par la tension et transfigurée par l'espoir.

