lundi 4 août 2008
Kenotic by Hammock
"Are you okay?
-Don't I look okay ?
-If you were anything or you wouldn’t exist. What’s wrong ?
-I don’t know, « déjà vu ».
-You’re tired, you need to sleep. "[1]
En divaguant, plongé dans un demi-sommeil, l’auditeur peut facilement s’appesantir en écoutant Hammock. Osant même intituler une de ces chansons The Silence, ce groupe ose le lien délicat entre le post-rock, l’ambient et la musique expérimentale qui laisse une part importante à ce fameux silence. Cet album doit être vu comme un tout, compact et uniforme. Les envolées lyriques sont nombreuses et en même temps, on ne s’ennuie pas tout le long de l’album. Si l’existait une musique lunaire, ce serait peut-être celle-là, tant elle pourrait s’installer dans plusieurs cratères intergalactiques. Remplie de longs moments de suspension, la musicalité des membres du groupe n’est pas à démontrer tant la qualité des morceaux est bonne. Faites de synthétiseurs planants, de guitares aériennes, de batteries flottantes, les plages musicales d’Hammock se distinguent aussi par leurs voix codées ou leurs cliquetis délicats incorporés subtilement à l’intérieur. « Miles to go before sleep » est un excellent exemple de cette caractéristique propre à Hammock qui consiste à créer des mélodies avec de longues notes suspendues. La relève de Labradford est sans nul doute assurée avec ce groupe un peu sorti de nulle part qui livre, ici, un excellent moment musical. Ces ambiances donneraient presque envie de nager dans la voie lactée ou d’expliquer le sfumato de Leonard de Vinci.
[1] Extrait de The Machinist, un film de Brad Anderson.
mercredi 16 avril 2008
Panda Riot - She Dares All Things (2005)
En 2005, Panda Riot sort cet album dans une certaine confidence. Pourtant, She Dares All Things est né quelque part entre la pop la plus classe de All Girl Summer Fun Band, Camera Obscura ou The Field Mice et les groupes de shoegaze aérien tels Slowdive, Air Formation ou Mellonta Tauta. Les 9 titres qui composent cet album ne cessent de surprendre au fur et à mesure des écoutes parce que la voix de Rebecca Scott est envoûtante, parce que les rythmes ne sont pas rébarbatifs, parce que les guitares s'entremêlent et soumettent à l'auditeur des envolées musicales permanentes. Le tout est très maîtrisé, mais non sans quelque désordres comme 'Marker' ou 'Plateau'. Parfois, il n'y a même pas besoin de mots, les phrases viennent d'elles-mêmes et le chant se fait lumière éclairante dans un brouillard d'hiver. Quand la musique de 2005 se prétendait révolutionnaire, les Panda Riot sortaient leur premier album avec une fraîcheur presque déconcertante. On sent bien les influences passées mais elles sont ré-interprétées voire recyclées comme si le groupe avait transféré de vieilles VHS sur un disque laser ou sur un MP3, en passant du temps pour remettre de l'ordre, inclure des images et créer de nouvelles ambiances. Cet album est tout simplement une réussite.
Vidéos Panda Riot
Acheter l'album
DL

