Disorder over the wall

Ce blog tente de retracer le mouvement post punk qui dura une décennie environ (1975-1985). Par ailleurs, d'autres rubriques s'y ajoutent concernant la folk, le shoegazing, le post-rock, toutes les musiques intéressantes en général.

dimanche 20 avril 2008

Echo And The Bunnymen - Heaven Up Here (1981)

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Quelque soit la manière de découvrir la New Wave, il arrive toujours un moment où  l'on se retrouve confronté à Echo & The Bunnymen. Heaven Up Here sorti en 1981, un an seulement après Crocodiles qui contenait déjà un son particulièrement épuré, prouve que leur musique s'étoffe de plus en plus. La qualité des guitares, c'est -à-dire l'accentuation extrême de leur son glacial et percutant, ne cesse d'augmenter. Si le groupe doit beaucoup à Television ou David Bowie (avec 'It Was A Pleasure' par exemple), il n'est pas pour autant une pâle copie de leurs aînés. En fait, c'est en Angleterre que le groupe aura le plus de succès notamment avec Heaven Up Here. Cela dit, leur succès relatif, n'avait alors rien avoir avec le groupe auquel il fut souvent comparé, U2. Si The Edge admirait beaucoup ce groupe, il est foncièrement différent dans leur façon d'appréhender la musique. Quand The Edge-U2 essayait de simplifier les mélodies, Echo & The Bunnymen démontrait avec grande délicatesse que l'on pouvait créer un son lisse sans être pour autant dénué de personnalité.

Cet album est sorti la même année que Closer de Joy Division et pourtant pas du tout la même portée symbolique. En effet,  les atrocités quotidiennes se retournèrent contre le groupe regretté de Ian Curtis, mais Echo & The Bunnymen transcendait les limites du désespoir en y incorporant des portes de sorties. Cependant, même si la lumière remplace le chemin sans issue, la musique, elle, est toujours relativement influencée par la noirceur du monde.

'Over The Wall' est sans doute le meilleur exemple de ce paradoxe entre musique et portée psychologique. Tandis que les mots se battent avec la musique, la complexité du rythme trace le chemin vers une quasi-illumination métaphorique. Cet album indique sans nul doute une rupture entre leurs débuts et le reste de leur carrière. Cela dit, plusieurs lignes s'opèrent alors au sein même du mouvement post-punk. L'individu est toujours au centre mais se détache des autres entités avec une force considérable.  'All My Colours' ou 'No Dark Things' prennent alors tout leur sens dans cette lutte perpétuelle contre l'autodestruction. Cet acharnement ne servira la New Wave que sur une courte durée mais Echo & The Bunnymen compose alors les notes éphémères d'une musique gagnée par la tension et transfigurée par l'espoir.

DL

Vidéo : Over The Wall (Live)

Posté par alicewondered à 19:28 - New Wave - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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