samedi 27 juin 2009
Psychic Experience, Volume 1
Instrumental/Psychedelic/Electronique
Psychic Experience, Volume 1
43:04
1. Brian Eno - In Dark Trees (Another Green World, 1975)
2. Oenethrix Point Never - Betrayed The Octagon (Betrayed The Octagon, 2009)
3. Growing - Lens Around (All The Way, 2008)
4. Subway - Persuasion (Subway II, 2009)
5. Stag Hare - Holy Quinn (Black Medicine Music, 2008)
6. Dopplereffekt - Dimension 11 (Calabi Yau Space, 2007)
7. City Center - Killer Whale (City Center, 2009)
8. Dead Letters Spell Out Dead Words - This Room Seems Emty Without You (Lost In Reflections, 2008)
9. Crime In Choir - A Girl Named Jesus (Crime In Choir (EP), 2002)
10. Gastr Del Sol - A Jar Of Fat (The Serpentine Similar, 1992)
■ Psychic Experience Compilation, Volume 1, 2009.
samedi 28 février 2009
Electronic Reverie
Après quelques mois d'absence, pourquoi ne pas s'attarder sur quelques perles musicales dans le milieu de l'électronique? Voici quelques morceaux à mi-chemin entre l'electronica, la house et la musique minimale, principalement des artistes provenant du label Border Community. Autrement dit, de la musique électronique qui est parfois pop, parfois shoegaze tout en restant dancefloor. Enfin, sans s'encombrer d'étiquettes, vivons un rêve électronique les yeux ouverts. Allez, toi, DANCE TO THE BEAT!
1. AFX - Cuckoo
2. Rocardo Tobar - With You
3. Swayzak - Celcius
4. Zander VT - Dig Your Own Rave
5. Jeff Mills - Robot Replica
6. James Holden Idiot
7. Nathan Fake - Stops (Live Version)
8. Matthew Dear - The Crush
9. Fairmont - I Need Medicine
10. Alex Smoke - 6am
11. Luke Abbott - We Are Made Of Glass
12. Paul Kalkrenner - Since 77
Bientôt ici!
samedi 25 octobre 2008
The Knife – Silent Shout (2006)

Il m’arrive de penser que, parfois, la musique électronique est vraiment ennuyeuse et ennuyante, parce que je ne m’identifie pas toujours à la « personnalité » d’un robot ou bien je n’aime pas toujours subir les répétitions d’un rythme. Mais, il faut reconnaître l’originalité du processus : affronter l’absence d’âme d’un objet pour en faire une musique qui, elle, reflète la capacité d’un homme à créer de nouvelles choses est une expérience intéressante. En bref, ce n’est pas toujours rébarbatif et heureusement. The Knife sur la scène électronique actuelle est vraiment fascinant, tant musicalement que visuellement. Le concept de leur album sorti en 2006 est contenu dans le titre Silent Shout. Cette contradiction (cet oxymore en fait) est omniprésente, au fur et à mesure des titres, passant d’une musique pour Sonic, le personnage vidéo, à une bande originale d’une exposition d’art contemporain japonais jusqu’à devenir une musique pour nostalgiques des années 80. Cet effet, d’apparence éclectique, forme un tout finalement homogène après l’écoute de l’album. Les chansons se succèdent et ne se ressemblent pas, mais elles se complètent. Si nous étions en 2006, je dirais que c’est un des meilleurs albums électroniques de l’année. Seulement, nous sommes en 2008 alors les initiés apprécieront la sortie d’inédits de Silent Shout et pour les retardataires qui, comme moi, croient que Kraftwerk, Devo et Boards of Canada sont les meilleurs groupes électroniques du monde, il nous reste sans doute beaucoup de choses à découvrir dans ce magma électronique. Et le Silent Shout de The Knife en fait sûrement parti.
lundi 4 août 2008
Kenotic by Hammock
"Are you okay?
-Don't I look okay ?
-If you were anything or you wouldn’t exist. What’s wrong ?
-I don’t know, « déjà vu ».
-You’re tired, you need to sleep. "[1]
En divaguant, plongé dans un demi-sommeil, l’auditeur peut facilement s’appesantir en écoutant Hammock. Osant même intituler une de ces chansons The Silence, ce groupe ose le lien délicat entre le post-rock, l’ambient et la musique expérimentale qui laisse une part importante à ce fameux silence. Cet album doit être vu comme un tout, compact et uniforme. Les envolées lyriques sont nombreuses et en même temps, on ne s’ennuie pas tout le long de l’album. Si l’existait une musique lunaire, ce serait peut-être celle-là, tant elle pourrait s’installer dans plusieurs cratères intergalactiques. Remplie de longs moments de suspension, la musicalité des membres du groupe n’est pas à démontrer tant la qualité des morceaux est bonne. Faites de synthétiseurs planants, de guitares aériennes, de batteries flottantes, les plages musicales d’Hammock se distinguent aussi par leurs voix codées ou leurs cliquetis délicats incorporés subtilement à l’intérieur. « Miles to go before sleep » est un excellent exemple de cette caractéristique propre à Hammock qui consiste à créer des mélodies avec de longues notes suspendues. La relève de Labradford est sans nul doute assurée avec ce groupe un peu sorti de nulle part qui livre, ici, un excellent moment musical. Ces ambiances donneraient presque envie de nager dans la voie lactée ou d’expliquer le sfumato de Leonard de Vinci.
[1] Extrait de The Machinist, un film de Brad Anderson.
dimanche 30 mars 2008
« We’re all Frankies, we’re all lying in hell. » (‘Frankie Teardrop’, Suicide, 1978).
En 1978, l’impact de Kraftwerk a largement dépassé les frontières germaniques. Le premier album de Suicide s’approprie les rythmiques électroniques de Kraftwerk et les transcende seulement 3 ans plus tard. La musique quasi hypnotique se détache totalement de celle des Allemands et cette sortie est sans précédent. Ceci se ressent notamment dans les salles de concert : le sang coule à flot (sans métaphore) et Alan Vega est envoûté : le chaos peut (enfin ?) régner.
Dans la plupart des cas, l’écoute de cet album ne laisse pas indifférent. Non seulement l’auditeur prend un malin plaisir à réécouter en boucle des chansons presque nihilistes, mais parfois la pression est si lourde que l’on ne fait plus partie de cette planète (cela dit ce sentiment est peut-être personnel…). En tout cas, en ce qui concerne le post-punk, on ne pourrait oublier de citer cet événement musical. Effectivement, dès la première chanson de cet album-‘Ghost Rider'- la nouveauté est indéniable. L’absence de superflu, déjà soulignée auparavant, est encore plus renforcée. Cette caractéristique, que l’on retrouvait chez Kraftwerk, se dessine, les carcans sont plus pop mais l’essence est fondamentalement plus brute, plus rêche. Ce qui change dorénavant et qui se précisera plus tard est cette attention toute particulière à inclure des mots, témoins d’un caractère plus parlé de la musique. Créer, certes, mais dans l’optique de laisser une trace écrite. Cet aspect se voit d’ailleurs dans l’artwork même de la pochette : le choix du nom: ‘Suicide’ est en effet lourd de sens. Dorénavant, il ne faut plus seulement faire apparaître un son nouveau mais aussi être présent concrètement à l’aide de mots. Bien sûr, ces aspects sont embryonnaires mais très importants à souligner car ils auront une importance capitale chez Joy Division, Cabaret Voltaire, ou The Fall par exemple. Certaines intonations d’Alan Vega peuvent même nous faire penser à Nick Cave (le premier E.P. de The Birthday Party, Mutiny sort en 1982).
Par ailleurs, il serait possible de rapprocher cet album de l’essence punk dans l’utilisation de cris ou dans les thématiques abordées (‘Che’, ‘Frankie Teardrop’), mais ce sont des éléments plus mineurs qui le rapprochent de ce mouvement à l’agonie. Le caractère particulièrement novateur de cet album est alors de résister à toutes les influences extérieures, il se concentre sur le caractère destructeur de la société sur l’individu, sur son moi. Suicide accentue alors l’aspect individuel et non plus collectif de la musique (très présent dans les années 70). Ceci crée une nouvelle génération d’artistes plus centrés sur eux-mêmes, souvent à leurs dépens, perdus dans un monde sans aucune limite. Cet aspect sera poussé à son paroxysme, un an plus tard, avec l’ascension du groupe Joy Division : véritable plaque tournante du mouvement post-punk.
La genèse du mouvement
En 1975, Radioactivity de Kraftwerk fait son apparition. Deux ans plus tôt, ce duo allemand avait sorti leur premier album : Ralf Und Florian –leurs deux prénoms- une sorte d’album-test avant l’épreuve de force réalisée en 1975. Alors de quoi s’agit-il ? Pourquoi revenir sur Kraftwerk ? Il existe pour cela quelques raisons essentielles. Tout d’abord, nul ne peut ignorer l’influence forte que ce groupe a pu exercer sur des groupes comme Suicide, Bauhaus et même sur Joy Division. De plus, cet album marque sans doute une étape importante vers l’aspect « dénudé » des chansons et permet de définir avec plus de précision le mouvement que l’on a qualifié (peut-être un peu trop rapidement) de post-punk. En écoutant ‘Radioactivity’ chanson éponyme, les sons paraissent très clairs et les mots sont lancés comme des slogans. L’écouteur suit avec attention le fil de la chanson, embarqué dans un vaisseau spatial électronique. ‘Antenna’ par exemple, est musicalement proche d’une transfiguration mélodique. La musique arrive en force, c’est à l’auditeur de s’y retrouver par lui-même. Les rythmiques ressortent avec une force plus importante Le schéma classique couplet-refrain-couplet est interrompu sans cesse avec l’utilisation des répétitions, des bruits radiophoniques ou de la voix codée (‘Radio Stars’). C’est donc dans cette optique que cet album devient intéressant. Ce n’est pas dans la musique elle-même que l’on retrouve l’influence des groupes qui vont suivre, mais plutôt dans la façon d’emmener la musique (‘Ohm Sweet Ohm’). On retrouve cette essence particulière dans les caractères primitifs des débuts de Joy Division par exemple, lorsqu’ils s’appelaient encore Warsaw. Il est tout à fait possible que l’influence de Kraftwerk n’ait pas été directe mais progressive, mais il est évident que cet album est un témoin essentiel de l’avancée musicale grandissante de la fin des années 70. Le terrain musical est alors bouillonnant, tous les styles se mélangent, les cellules mortes disparaissent. Rien n’est encombré, la musique semble tout d’un coup limpide. Et pourtant, vu de l’extérieur, il règne une impression de désordre contenu dans quelques notes, comme si cela annonçait déjà l’arrivée de quelque chose de nouveau.




