Disorder over the wall

Ce blog tente de retracer le mouvement post punk qui dura une décennie environ (1975-1985). Par ailleurs, d'autres rubriques s'y ajoutent concernant la folk, le shoegazing, le post-rock, toutes les musiques intéressantes en général.

jeudi 11 septembre 2008

Will Oldham à travers d'autres artistes

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Will Oldham ou Bonnie ‘Prince’ Billy, artiste majeur de la scène folk indépendante, affectionne tout particulièrement les collaborations. Loin d’être anecdotiques celles-ci font partie intégrante de sa carrière puisqu’elles participent amplement à sa reconnaissance. Il abhorre alors le statut d’artiste indépendant et multi instrumentiste. Pour se remémorer de bons souvenirs ou pour découvrir de nouveaux sursauts musicaux, voyons d’un peu plus près de quoi il en retourne à travers les plus réussies d’entre elles.


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(The Continental Op ou Will Oldham & David Pajo, Slitch Music, 1993)


Au tout début de sa carrière, Will Oldham aimait déjà l’esprit qu’engendre une collaboration : ce goût du risque, et bien sûr l’attente de la fameuse harmonie. En 1993, David Pajo (membre de Slint, Stereolab et King Kong entre autres) et Will Oldham s’associaient pour créer une musique instrumentale, contemplative. Assez peu connu, cet album mérite tout à fait le détour, dans ses passages les plus expérimentaux comme dans ses moments les plus pop ou les plus rock. Assez original, The Continental Op est plongé dans une ambiance post-rock voire post-folk si le terme existe. Fantasy laisse deviner des toussotements, bruits de pleurs, des alarmes étranges et des mélodies raffinées. On croirait être transporté sur une scène punk à partir de James Tired, un revirement étrange pour la fin de l’album. Cela étant, ce n’est pas dérangeant, c’est tout à fait approprié à l’ambiance générale du disque. La dernière chanson : Unlisted Track ressemble à une hallucination, l’atmosphère est assez lourde, mais pas pesante, c’est comme s’il fallait trouver une bande-son pour illustrer la vie d’un insecte parti chasser.

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(Palace Brothers ou Will Oldham & ses frères, Days In The Wake, 1994)


Parmi les pseudonymes de Will Oldham, il y eut pendant un temps l’association de Palace avec toutes sortes de mots comme Brothers ou Music : "Et bien, l'idée était qu'en trouvant le nom d'un groupe ou d'un artiste, vous vous attendiez ensuite sur le prochain album à trouver le même groupe de personnes jouant dessus si vous conservez le même nom. Et je considérais que nous faisions un album différent à chaque fois, avec des gens différents, sur des thèmes différents et en utilisant des sons différents." Ainsi, les Palace Brothers faisaient alors de la folk. En effet, cet album ressemble à un album solo, cependant, il s’agit d’une véritable collaboration entre plusieurs frères Oldham, occupés aujourd’hui à travailler sur différents projets. N’ayons pas peur de le dire, Days In The Wake est un véritable chef-d’œuvre de folk des années 90. Des chansons comme I Send My Love To You, ou You Will Miss Me When I Burn démontrent à quel point le chanteur est avant tout un grand songwriter. Le tout est très cohérent, il suffit de se laisser porter par les ambiances effleurant la tristesse, manifestant la joie dans un souffle vocal. La musique, quant à elle, se suffit à elle-même, ce qui rare.  Finalement, la sobriété de la pochette est assez significative de l’atmosphère qui se dégage de cet album idéal pour un dimanche baigné dans la lumière orange d’un soir d’été.

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(The Marquis De Tren & Bonny Billy, Get On Jolly, Palace Records, 2000)


Mick Turner alias The Marquis de Tren s’associe le temps d’un album avec Bonny Billy, nouveau pseudonyme qu’il associe à sa musique depuis 1998. Le guitariste de Dirty Three et le maître folk composent un album de 6 titres, Get On Jolly, une musique quasi cinématographique. L’album est parsemé de quelques mots aériens de Will Oldham accompagnant avec brio les guitares de Mick Turner. Le duo fait preuve ici d’une grande délicatesse sans jamais tomber dans l’ennui. Il y a quelque chose qui se passe entre eux, c’est assez magique. Alors, même si cette œuvre est encore assez confidentielle, elle est tout de même d’une grande qualité. Les deux amis ont également sorti un live des chansons de Get On Jolly : Get The Fuck On Jolly en 2000.

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(Matt Sweeney & Bonnie ‘Prince’ Billy, Superwolf, 2005)



En 2005, Bonnie ‘Prince’ Billy sort un live -Summer In The Southeast- et cet album avec Matt Sweeney la même année. À l’écoute de Superwolf, on se rend compte à quel point les collaborations sont à la hauteur des albums de Will Oldham. L’artiste ne prend pas ces exercices à la légère, il entre en complète harmonie avec la plupart des artistes qu’il rencontre. À travers eux se dégage quelque chose d’unique, à chaque fois. Ici, c’est comme si la tradition folk-rock des années 60 se transmettait, encore et encore, jusqu’à la transcender dans une classe incomparable. « Let the music rock on ! » lance-t-il sur Goat And Ram. Justement, c’est sans doute ce que l’on voulait sans le savoir. Matt Sweeney assure la plupart des guitares sur cet album tandis que Bonnie ‘Prince’ Billy assure les voix. Ce chant fragile, ces chœurs abondants, ces mélodies lentes ou électriques sont comme ce disque en fait. Il suffit de les approcher pour les apprivoiser tout de suite.

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(Current 93 & Bonnie ‘Prince’ Billy : Idumæa ;
Current 93, Birdsong In The Empire, 2007)


Parmi ses collaborations, il me semble justifié de dire que celle-ci est sans doute la plus réussie d’entre toutes. Pourtant, on ne pouvait pas trop savoir à quoi s’attendre. En effet,   Current 93 est un groupe assez difficilement cernable, tant leur musique est différente à chaque album. En 2007, le groupe de  David Tibet avait décidé de sortir un live avec 14 chansons : Birdsong In The Empire dont une Idumæa, avec Bonnie ‘Prince’ Billy. Il est vrai, Current 93 a parfois une tendance à en faire beaucoup avec ses instrumentations médiévales. C’est donc avec grand bonheur que l’on constate que cette collaboration a mené vers cette composition magnifique, presque a capella, avec juste ce qu’il faut d’instrumentations mais pas trop. Le pari était osé de mettre en parallèle les deux univers assez différents au premier abord. Et pourtant, plus la chanson passe dans le lecteur, plus leur musique ne semble pas si éloignée l’une de l’autre finalement.

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(Scout Niblett & Bonnie ‘Prince’ Billy : This Fool Can Die Now, 2007)


Voilà sans doute l’un des personnages féminins les plus intéressants de la musique indépendante contemporaine. Facilement reconnaissable avec sa voix écorchée et sa cape rouge, Scoutt Niblett revenait en 2007 mais accompagnée cette fois. En fait, après avoir composé les chansons de This Fool Can Die Now, elle a tout de suite pensé à Will Oldham pour les duos qu’elle avait en tête. Celui-ci a accepté tout de suite et a donc collaboré sur quelques chansons de cet album comme sur Kiss ou Do You Wanna Be Buried With My People ou encore Comfort You. Et bien, applaudissons cette initiative puisque le résultat est plus que probant. Will Oldham est encore à la hauteur de ses engagements et leur duo dépasse même toutes les espérances que l’on aurait pu placer en eux.

Pour un peu plus d'informations ou de musique allez ici et ici.

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jeudi 4 septembre 2008

Horse Feathers : House With No Home (Kill Rock Stars, 2008)

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En 2008, beaucoup de groupes font la couverture des magazines comme les Late Of The Pier, les Herman Düne, les éternels groupes parisiens favoris de Rock & Folk et les pseudo- intellectuels post-krautrock-punk-pop-indie-cool-rockabilly montrant à quel point il faut aimer les Inrocks. Dans ce magma culturel, un certain nombre de groupes fantastiques passent à travers les mailles du filet, faute de temps, d’argent et de promotion alléchante. C’est logique dans un sens, on ne peut pas parler de tout, c’est peut-être terrible, mais c’est comme ça, il faut faire avec. Seulement, parfois, c’est tout simplement énervant de voir les gens se ruer sur le dernier Sigur Ros (sans se demander s’ils ont mangé de la terre avec Arcade Fire) et oublier que la musique ce n’est pas de taper sur un tambour avec 20 personnes autour.

Bref, pour en revenir à Horse Feathers, il s’agit d’un groupe de folk, dans le sens noble du terme, qui sort House With No Home, un album INCROYABLEMENT simple et novateur. Justin Ringle est entouré  d’artistes  regroupés autour d’une même quête: une totale nudité musicale avec des arrangements superbes, mêlant violon, piano, batterie, banjo . Justin compose les chansons et Peter Broderick se charge des arrangements en général. Le résultat est que ce schéma musical paraît connu et pourtant rien de tout ça, ça ressemble à ceci, cela, et puis non, c’est juste LEUR façon d’aborder la musique et la vie de manière générale: avec une certaine désinvolture mélancolique. Les morceaux se succèdent dans une cohérence impressionnante, on se croirait sur un chemin enneigé aux Etats-Unis comme  sur la pochette de leur album. Personnellement, la bande originale de mon année 2008 pourrait être signée par les Horse Feathers parce qu’ils ont le talent de rendre la poésie accessible, la nature plus belle et la vie moins rude. Et ça, ça vaut plus que toutes les couvertures de magazines du monde.

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coeur: La folk, Peter Broderick, chanter, M.Ward, Andrew Bird, pleurer, The Velvet Underground, Great Lake Swimmers, la nostalgie, Iron & Wine, le post-rock et la mélancolie.

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mardi 27 mai 2008

Bonnie 'Prince' Billy - Lie Down In The Light (2008)

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Il arrive parfois que les événements arrivent au bon moment. Lie Down In The Light fait parti de ses moments que l'on osait plus espérer. Le chanteur folk Will Oldham (alias Bonnie "Prince" Billy) surprend toujours, même depuis l'excellent The Letting Go sorti deux ans plus tôt. Sans doute parce qu'il sait que la musique est un processus interminable, inépuisable et que les auditeurs, eux, sont curieux par nature et veulent aussi être rassurés. Même si la qualité du travail de Will Oldham n'est plus à démontrer, il faut tout de même souligner l'incroyable énergie qui se dégage de cet album. "I am the king of infinite space" clame-t-il en toute impunité sur "For Every Field There's A Mole". L'année 2008 est décidément pleine de bonnes surprises.  L'impression d'unité, de fausse fragilité nous emplit directement sans jamais se défaire. C'est presque magique: "Oh you want that picture, don't you darling, of heartless cold me flying not falling." Et puis, la nostalgie s'installe, peu à peu, pour laisser place à la mélancolie. Seulement cette mélancolie n'est pas néfaste, elle nous épaule, nous entraîne jusqu'à nous porter (comme sur 'What's Missing Is'). On en oublierait presque le monde bancal dans lequel on vit, l'espoir est tellement grand, l'envie tellement forte, rien ne semble venir s'interposer entre l'homme et la musique. Il ne reste plus qu'à s'allonger calmement et écouter: "Why don't you lie down in the light?". Tout simplement.


            Bonnie "Prince" Billy : Lie Down In The Light

                        1. Easy Does It
                                 2. You Remind Me Of Something (The Glory Goes)
                        3. So Everyone
                        4. For Every Field There's A Mole
                        5. Keep Eye (On Other's Gain)
                        6. You Want That Picture
                        7. Missing One
                        8. What's Missing Is
                        9. Where's The Puzzle?
                        10. Lie Down In The Light
                        11. Willow Trees Bend
                        12. I'll Be Glad


                            (Drag City, 2008)


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mardi 29 avril 2008

Bonnie 'Prince' Billy - Master And Everyone (2003)

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A l'heure actuelle une chose est sûre, Will Oldham est une personne très occupée. Entre ses projets familiaux (The Anomoanon, The Palace Brothers, Palace Music), ses différentes collaborations (avec Current 93 par exemple) et ses projets solos (sous le nom de Will Oldham, Bonnie 'Prince' Billy), il semble assez logique de se demander si ses réalisations sont d'une qualité moindre au fur et à mesure des années et des activités.
Cet album, dans la lignée des précédents, s'inscrit dans une logique folk sans fioritures, avec les décomplexions légendaires qui la caractérise. Allongé dans l'herbe fraîchement coupée après la moisson comme Neil Young, ou assis dans une carriole roulant vers des pays inconnus comme Bob Dylan, ou bien simplement feuilletant un livre par une après-midi d'hiver, l'album s'écoute dans de nombreuses situations. Désinvoltes, les mélodies de Will Oldham sont inspirées et inspirantes. Parfois, les paroles se fredonnent, se chantonnent mais dans un susurrement mélancolique entraîné par les déboires amoureux d'une partie de notre vie: 'I love to look at you from the sad night with music playing'. Sans s'éloigner des habitudes de la folk, cette musique reste pourtant différemment  en tête comme si elle poursuivait seule sa route telle un pigeon voyageur. 'Joy and Jubilee' par exemple est un véritable hymne intemporel modifiant l'atmosphère ambiante de la pièce dans laquelle on prend l'habitude de vivre. Regarder en arrière est parfois agréable car on laisse derrière soi ce qui n'a pas fonctionné correctement. La vie se fait parfois fardeau ('Hard Life'), parfois initiatrice ('Lessons from what's poor') mais elle est présente et parfois dénudée. C'est peut être ça dans le fond le plus important: un rétroviseur dans la poche, une guitare dans la main et des espoirs non pas désabusés mais désordonnés rebondissant sur un sol abîmé, un terrain en friche.

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